Logo du Lobby Européen des Femmes (fonds Gaspard - 14 AF 145)

Logo du Lobby Européen des Femmes (fonds Gaspard - 14 AF 145), Lobby Européen des Femmes, date inconnue, papier imprimé, Angers, Centre des Archives du Féminisme, © DR. 

Le LEF (Lobby Européen des Femmes) est une association à but non lucratif de droit belge, créé en septembre 1990 à Bruxelles par près de 70 représentantes d’organisations de femmes des 12 pays membres de la Communauté européenne (en savoir plus). Structure ouverte rassemblant « des femmes d’un large éventail d’opinions politiques et philosophiques ainsi que de toutes origines sociales », le LEF a pour objectif de « veiller au respect des engagements » pris dans le cadre des programmes communautaires d’égalité des chances, pas de prendre parti sur des questions politiques relatives à la construction européenne (source).

En France, une Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF) est créée en 1991 par des responsables d’associations françaises. En 1992, la CLEF compte 32 associations adhérentes. Le LEF va soutenir toutes les actions en faveur de la parité hommes/femmes. Concernant l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités, un réseau européen d’experts intitulé « Femmes dans la prise de décision en Europe » travaille à la formulation de propositions concrètes. La déclaration d'Athènes à laquelle il aboutit en novembre 1992 marque une étape importante. 

La déclaration d’Athènes du 3 novembre 1992

En 1990-1991, le réseau européen d’experts intitulé « Femmes dans la prise de décision » est constitué par la Commission européenne dans le cadre de son troisième programme d’action pour l’égalité des chances entre les hommes et les femmes (1991-1995). Il est composé d’une experte par pays : des universitaires sociologues et politistes spécialisées dans l’étude du genre et pour la plupart d’entre elles ayant une expérience de responsabilité politique au niveau national ou européen. Françoise Gaspard représente la France. Le réseau est chargé de recueillir des statistiques sexuées et d’analyser les obstacles qui entravent une meilleure représentation féminine dans les processus décisionnels tant au niveau économique que politique.

Déclaration d’Athènes (fonds Montreynaud 4 AF 141)

Déclaration d’Athènes (fonds Montreynaud 4 AF 141), anonyme, novembre 1992, Angers, Centre des Archives du Féminisme, © DR.

Le travail du réseau aboutit au premier sommet européen « Femmes au pouvoir »  le 3 novembre 1992 à Athènes. A cette occasion, une déclaration est adoptée qui revendique « l’égalité de participation des femmes et des hommes à la prise de décision publique et politique ». Françoise Gaspard insiste pour que deux Françaises puissent signer cette charte : Simone Veil et Edith Cresson, les deux femmes qui ont exercé les plus hautes responsabilités politiques : ministre et présidente du Parlement européen pour Simone Veil, ministre et Premier ministre pour Edith Cresson. Avec elles, Vasso Papandreou, Mary Robinson et d’autres femmes ayant exercé des responsabilités politiques dans leur pays ou au sein des institutions européennes condamnent le déficit démocratique dû à l’exclusion des femmes des lieux de pouvoir.

Athènes n’est pas une fin, mais bien plutôt le lancement d’une marche européenne pour la parité. En France, depuis le début des années 1990, des associations se créent avec pour objectif la parité : "Parité", "Elles aussi", "Parité 2000"… En vue des élections législatives de mars 1993, la déclaration d’Athènes est largement diffusée, mais le scrutin uninominal et le mode de désignation des candidats empêchent les femmes d’entrer plus nombreuses à l’Assemblée. Le Monde daté du 10 novembre 1993 publie un manifeste pour la parité, signé par 577 hommes et femmes. Le journal de vingt heures de France 2 du 9 novembre, s’ouvre sur ce texte : la parité devient un événement. La polémique et le débat sont ouverts jusque dans les partis politiques où l’on prépare les élections européennes de 1994.