Féminisme :

Au milieu du XIXe siècle, aspect d'un individu mâle présentant certains caractères féminins. En 1872, l’écrivain Alexandre Dumas fils lui donne son acception moderne, mais le mot n'est adopté de manière courante qu'à partir de 1882 pour désigner une doctrine prônant l'égalité des sexes. L’émancipation des femmes conduit-elle à un rapprochement des deux genres, menace-t-elle les codes de la séduction hétérosexuelle ? les genres sont-ils voués à disparaître ? ou l’inversion des rôles – les femmes dominant les hommes – est-elle à craindre ? toutes ces questions animent le débat sur le costume. Le féminisme selon la journaliste Rebecca West : « Je n’ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c’est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus que je soies confondue avec un paillasson » (1913).

Genre :

Construction sociale, culturelle du féminin et du masculin. Dans la culture occidentale, le genre est confondu avec le sexe biologique, la non-coïncidence est considérée comme une pathologie. La critique féministe depuis une vingtaine d'années utilise ce concept pour rendre compte de l'historicité des perceptions des identités sexuelles et des rôles dévolus aux hommes et aux femmes. Cette exposition montre comment un aspect majeur du genre – les apparences – a évolué entre 1800 et 1930 en France.

Masculinisation :

La masculinisation est un processus, individuel ou collectif, qui rapproche le sexe féminin du sexe masculin, souvent synonyme de "virilisation" en l'absence de distinction entre le masculin (corporel, réel) et la virilité (psychique, mythique).

Sexe :

L'histoire montre l'évolution des perceptions du sexe biologique. Selon Thomas Laqueur, la forte différenciation des deux sexes est une invention récente, à peine deux siècles. L'essor de l'anthropologie physique et de la psychiatrie au XIXe siècle a solidement enraciné la notion de nature féminine, confortant ainsi l'oppression des femmes. Dans la culture occidentale, le sexe - défini par des évidences anatomiques - doit correspondre au genre. C’est la justification ultime de la réglementation sur le vêtement présentée dans l’exposition.

Virilisation :

La virilisation est un processus, individuel ou collectif, qui modifie - dénature - le genre féminin en intégrant des éléments réputés masculins, comme la pratique du sport, l'exercice de certains métiers, le port du pantalon, l'usage de l'argot, l'engagement politique, etc... Le sens est presque toujours péjoratif, sauf pour quelques féministes radicales, dont Madeleine Pelletier (1874-1939) qui s'affirme comme la théoricienne très controversée de la "virilisation des femmes".