Code de l'indigénat :

Dispositif législatif stigmatisant mis en place en 1881 en Algérie. Le code de l'indigénat vise à garder sous contrôle et à infantiliser une partie spécifique de la population algérienne : les Musulmans. Il instaure, pour eux, l'obligation du "permis de circuler" (exclusivement fourni par l'administration qui tente ainsi de limiter leur mobilité sur le territoire algérien) et soumet leurs réjouissances publiques (mariage, circoncision, moussem – fête populaire en l’honneur d’un saint - retour de pèlerinage) à autorisation administrative. Par ailleurs, l'indigénat permet le maintien de nombreuses corvées. En cas de manquement au dispositif, les "indigènes" sont frappés de diverses peines (amendes, châtiments corporels, prison).

Colonisation :

De l'anglais colonization, to colonize (1769). Le fait de peupler de colons, de transformer en colonie. La colonisation de l'Algérie par la France passe par une phase de conquête assez longue et difficile (1830-1881) qui démarre par la prise d'Alger en 1830 et est immédiatement suivie par de nombreuses révoltes dont celles de l'émir Abd El Kader (1832- 1847) et du bachaga Mokrani (mars à avril 1871). En 1881, l'Algérie est rattachée à la France et trois départements civils (l'Oranie, l'Algérois et le Constantinois) sont créés - le Sahara restant toujours une zone administrée par l'armée. Suit ensuite, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une phase dite de "pacification" qui culmine, le 8 mai 1945, avec les massacres de Sétif et de Guelma. Puis débute enfin la phase de décolonisation (1945-1962) marquée par la longue et douloureuse guerre d'Algérie (1954-1962) dont certains épisodes - la bataille d'Alger en 1957, le 17 octobre 1961 à Paris - font partis des heures les plus sombres de l'histoire franco-algérienne contemporaine.

Islam :

Nom de la religion annoncée par l'apostolat de Muhammad au VIIe siècle. Symboliquement et étymologiquement, l'islam est "le fait de s'abandonner entièrement à la volonté de Dieu". Par extension est Musulman toute personne qui se réclame de cette "soumission" en prononçant la profession de foi (shahada) - "il n'y a de Dieu que Dieu est Muhammad est son prophète" - et en se pliant aux quatre autres piliers de l'islam (al-arkân al-khams) : les prières journalières (salât), l'aumône (zakât), le jeûne (çawn) et le pèlerinage (hadj).

Mauresques :

Nom donné de manière indifférenciée aux représentations de femmes "indigènes" dans la photographie et la carte postale coloniales. Au début de la colonisation, le terme "Mauresque" désigne pourtant encore les femmes de l'élite aristocratique et bourgeoise des médinas traditionnelles. Femmes qui, a contrario des "Mauresques" figurées, étaient invisibles dans la cité et intouchables pour les Occidentaux.

Protectorat :

D'abord mis en place en 1881 en Tunisie, le système du protectorat s'étend, en 1912, au Maroc. Il consiste en une "cohabitation" entre les instances politiques traditionnelles de ces pays - respectivement le bey husseinite de Tunisie et le sultan alaouite du Maroc - et l'administration coloniale française représentée par un Résident général. Cette "cohabitation " est en fait une "protection" (himâya) imposée par la force et exercée par les infidèles (les Chrétiens) sur les croyants. Ce renversement du statut de dhimmi (jusqu'à la colonisation, ce sont les Chrétiens et les Juifs qui sont des "protégés") n'échappe pas aux Ulémas qui en font ressortir, dès 1881, l'inacceptabilité pour les Musulmans.