Louise Ourry et les mutilés de la Grande Guerre, anonyme, 1920, photographie noir et blanc, collection Femina Sport, © Femina Sport.

Louise Ourry et les mutilés de la Grande Guerre, anonyme, 1920, photographie noir et blanc, collection Femina Sport, © Femina Sport. 

Louise Ourry, gardienne de but de l’équipe de France, pose pour la postérité avec les « tommies » mutilés de la Grande Guerre à Stamford Bridge, le stade du club londonien de Chelsea. Selon la tradition anglaise, elle vient de disputer une rencontre dont les bénéfices réalisés sont reversés à différentes institutions caritatives et œuvres de guerre.

On peut apercevoir, à l’arrière plan, la foule venue nombreuse assister à ce match international entre Françaises et Anglaises, preuve s’il en est du succès rencontré par le football féminin au cours des « sorties de guerre ». L’opinion publique ne voit pas encore dans la pratique une remise en cause de la hiérarchie des sexes. Au contraire, ce football au caractère charitable est honoré et célébré.

Par leur présence au stade, les spectateurs, dont la majorité était des hommes,  exprimaient la reconnaissance de la nation envers ses jeunes filles pour le travail  effectué pendant le conflit : ils étaient 25 000 à Preston pour le  premier match, puis  15 000  à Manchester et à Stockport. En octobre de la même année, 10 000 personnes se déplacèrent pour la venue des jeunes ouvrières anglaises à Paris.