Le dieu d’Amours et sa cour, valve de miroir (Cl. 401)

Le dieu d’Amours et sa cour, valve de miroir (Cl. 401), anonyme, 14e siècle, ivoire, Paris, Musée National du Moyen Age, © RMN, DR. 

Sur le registre supérieur, un personnage couronné trône sur un arbre. Il pointe des flèches vers deux couples enlacés et agenouillés. En bas à gauche, un couple est représenté dans une action indéterminée. A droite, la dame s'apprête à couronner son compagnon.

La figure assise au sommet de l'arbre est le dieu d'Amours, figure littéraire déjà présente sous la plume des troubadours, au XIIe siècle, et qui connut un certain succès dans les arts figurés aux XIVe et XVe siècles. Le dieu d'Amours médiéval n'a rien en commun avec le Cupidon antique, à qui il emprunte pourtant souvent ses ailes, et surtout ses flèches. Il personnifie la relation amoureuse, dont il est également l'instigateur, en perçant  le cœur de ses victimes. Une variante féminine du dieu d'Amours existe, mais elle apparaît plus rarement, et surtout dans les pays germaniques, où elle est appelée Frau Minne.

La représentation du dieu d'Amours est un des lieux communs les plus fréquents de l'iconographie profane médiévale. Il est toujours entouré de couples. Sur cette valve, une petite histoire est peut-être racontée : la rencontre en bas à gauche, la naissance de l'amour sous les coups de la divinité en haut, la réussite de la conquête en bas à droite, avec la caresse et la couronne que la dame offre à l'amant, qui tient un faucon.