Amour courtois :

L’amour courtois, ou fin’amor (selon la terminologie médiévale), est une conception idéalisée des rapports amoureux. Né dans les pays d’Oc au XIIe siècle, il atteint rapidement les cours du Nord de la France. Il place l’amant au service de la « dame », objet de désir plus ou moins inaccessible. La conquête amoureuse est parsemée d’obstacles que le soupirant doit relever pour arriver à ses fins. L’amour courtois n’est en effet pas un amour chaste, mais un ensemble de règles idéales à respecter. Plusieurs traités d’amour courtois, souvent inspirés d’Ovide, sont rédigés durant tout le Moyen age.

Anonymat :

La plupart des objets présentés dans cette exposition sont anonymes : on ne connaît ni le nom de leur auteur, ni celui de leur commanditaire. Pour certains, notamment les ivoires et certaines tapisseries, les modes de création sont presque déjà « préindustriels », les ateliers produisant en série et écoulant leur marchandise à l’offre. Toutefois, si l’identité des premiers propriétaires est inconnue, la nature de ces objets nous permet de saisir quelques indices à leur sujet. Le luxe des matériaux (ivoire) et des techniques (tapisserie) ainsi que les nombreuses références littéraires, notamment courtoises, indiquent une élite dotée de solides moyens financiers et culturels : la noblesse essentiellement. La question des liens entre ces possesseurs fortunés et les artisans est délicate, la plupart des objets ayant été achetés et non commandés.

Art de cour :

Aux XIVe et XVe siècles, la cour royale et certains princes comme le duc Jean de Berry (1340-1416) entretiennent un mécénat fastueux et très actif. Un « art de cour » se met alors en place, caractérisé par un goût certain pour l’ostentation et pour les thèmes profanes. La recherche du luxe prime souvent (par les techniques et matériaux utilisés : ivoire, tapisserie, orfèvrerie…). D’importantes collections princières sont alors créées.

Iconographie profane :

Le terme « iconographie profane » désigne les représentations non-religieuses. Sans jamais avoir disparu depuis la fin de l’Antiquité, elles s’accroissent considérablement à la fin du Moyen age, notamment dans le registre courtois.

Topos :

Un topos (pl. topoï) iconographique est un thème répétitif et récurrent, un « lieu commun figuratif ». L’offrande du cœur, la prière de l’amant, l’attaque du château d’amour sont des topoï courtois, qui se retrouvent également dans la littérature. Le topos iconographique se caractérise moins par le nombre de ses apparitions que par sa récurrence et sa « banalité ». La quantification des topoï courtois est d’ailleurs impossible, le corpus étant pour de multiples raisons extensible (œuvres conservées en collections privées, nombre incalculable de représentations dans les marges des manuscrits, etc.).