Yvette Roudy candidate de la FGDS pour les élections législatives à Meaux-Coulommiers

Yvette Roudy candidate de la FGDS pour les élections législatives à Meaux-Coulommiers, anonyme, 1967, affiche, Angers, CAF, © CAF. 

Après son succès relatif au second tour face au général de Gaulle en 1965, Mitterrand constitue la Convention des Institutions républicaines qui est rejointe aussitôt par le Mouvement démocratique féminin. Pour les élections, il souhaite des candidatures féminines : Yvette Roudy est envoyée à Meaux Coulommiers, en Seine-et-Marne, dans une circonscription sans espoir... Elle est soutenue par quelques notables, mais ses qualités personnelles ne sont pas soulignées : ni âge, ni métier, ni caractéristiques, un seul slogan : « la relève est à gauche ». Yvette Roudy n’est encore qu’une porte voix de sa formation politique. Son parachutage se solde par un échec (15,8 % des suffrages, au niveau national ; la FGDS atteignant 18,9 %), à une période où les candidates se comptent sur les doigts d’une main.

Mais entre les femmes du MDF et François Mitterrand, des liens se sont tissés, depuis la campagne de 1965 qui l’amène à se déclarer « partisan du planning familial».

Après son échec de 1967, Yvette Roudy retrouve ses activités militantes au MDF et se rend en Suède. De retour à Paris le 10 mai 1968, elle découvre les événements et se sent un peu extérieure à l’agitation estudiantine. Candidate dans le 20e arrondissement de Paris aux élections législatives de juin 1968, elle échoue comme presque toute la gauche. Elle aide François Mitterrand, préparant des rapports sur les sujets américains d’actualité. Elle représente la Convention des institutions républicaines au comité de soutien à Angela Davis et au Mouvement de la Paix et dans d’autres instances de la gauche. Elle participe, à sa manière, au projet de rassemblement de la gauche.

Au congrès d’Epinay (1971), François Mitterrand est élu premier secrétaire du PS et avance d’un grand pas vers l’objectif de rassemblement de la gauche non communiste dans ce nouveau parti fondé deux ans plus tôt.

Yvette Roudy passe quatre ans à sillonner la France, organisant des conférences. Mais dans le nouveau parti, elle rencontre l’opposition misogyne. Lors des élections législatives de 1973, elle n’est pas candidate et il n’y a pas une seule femme parmi les nouveaux députés socialistes. L’année suivante, Mitterrand échoue aux élections présidentielles.